mercredi 30 décembre 2009

Incipit 1.

Les jours où ça va bien, je pourrais siéger aux plus grandes ambassades et gérer des conflits mondiaux, soit dit sans hyperbole; quand ça va mal, je peine à m’arracher des draps et, si ça se trouve, la perspective de faire mon épicerie me coûte les pensées les plus suffocantes : là mon corps m’abandonne, mes facultés me quittent, je ne suis rien ― et à grands frais j’en appelle sur moi la mort immédiate.

lundi 7 décembre 2009

notre genèse

quel âge aura l’instant bleu de notre genèse
quand auront pris le pli de fer de l’habitude
nos rixes rituelles au plus fort de midi
les éclairs de chaleur les soleils de minuit
nos restes tiendront-ils au fil de la tendresse
quand nous ne connaîtrons plus ni la soif ni la faim
les souvenirs prêteront-ils un corps à mes pensées
pour réchauffer la terre d’octobre à février
où sera porté disparu le temps de vivre
quand il ne vaudra plus la peine de ses dérives
quand nos mains trop serrées menotteront l’aventure
les soirs de trop grand vent les nuits sans ouverture?

entre la vie réelle et les rives rêvées
quel âge auront les soies de nos sueurs échangées
entre la vie réelle et les rives rêvées
quel âge auront les jours légers
des mers de plumes?


quel âge aura l’instant bleu de notre genèse
quand seront désaccordés aux quatre coins du lit
le don de la beauté ta peau ma vie entière
l’odeur de paille et le goût des brunantes d’août
les dieux reviendront-ils pour souffler sur les braises
quand nous étourdirons de mots embarrassés
les silences de pierre à la table des jours
nos cœurs comptables occupés à compter leurs sous
où s’en seront allés nos cris épileptiques
quand ils n’éclateront plus dans la chambre à coucher
restera-t-il de l’eau pour noyer nos blessures
et des pierres volcaniques pour rallumer le feu?